« La Lignée » de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

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La lignée est un roman de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan qui tente de renouveler le mythe du vampire, et ce, avec un certain succès. Après une scène d’intro qui rappelle énormément celle de Hellboy 2, les premiers chapitres paraissent assez laborieux, la présentation de l’intrigue et des personnages se trouvant souvent noyée dans un flot de détails techniques. Si ceux-ci se révèlent souvent très intéressants, notamment pour le rôliste que je suis (lequel envisage sournoisement d’en recycler une bonne tripotée dans des scénarios), ils ont tendance à freiner considérablement l’intrigue. Du coup, disposant d’une bonne longueur d’avance sur les protagonistes, on a un peu de mal à compatir à leurs malheurs, et ce, sur quasiment 150 pages. Les personnages principaux mettent du temps à se détacher et à révéler leur personnalité, et ils se retrouvent du coup bien mieux caractérisés dans les 50 dernières pages d’un ouvrage qui en compte 550. L’action se précipite d’ailleurs dans ces dernières, au point que j’ai eu l’impression d’une rupture de ton assez radicale entre une entrée en matière réaliste (voire pesante), un milieu louchant du côté du film catastrophe épidémique et du film de zombie, pour s’achever sur une conclusion qui fait plutôt penser aux films de la Hammer.

Du coup, l’intention avouée des auteurs, à savoir renouveler un peu le mythe du vampire, si elle reste louable et réalisée avec un certain brio (je n’aime pas la rationalisation des mythes, mais c’est la toute première fois que je lis une explication plausible à celui qui veut que les vampires se transforment en chauve-souris et en rats, rien que pour ça, le bouquin vaut la peine d’être lu), se retrouve en quelque sorte invalidée par son traitement, qui tourne à la caricature sur la fin et recourt à des ficelles assez grosses et un peu usées.

Bref, tout ça aurait gagné à être beaucoup plus court au début, d’autant que le sort de certains personnages est curieusement expédié sur la fin, et que l’abondance d’explications du premier tiers du bouquin cède à une progression par ellipses qui laisse un peu sur sa faim.

Quoi qu’il en soit, beaucoup d’idées et de personnages sont intelligemment exploités, et on retrouve un mélange d’influences à même de séduire un assez vaste public, pour peu qu’il accepte de se prêter au jeu : mythe vampirique, épidémie, créatures improbables et lorgnant vers le mythe de Cthulhu, dynamique de groupe de chasseurs de vampire style Hammer, cadre urbain crédible… Le tout ne manque pas forcément de cohérence, mais ne tient que grâce à une narration efficace et détaillée, avec quelques personnages forts qu’on espère voir se développer dans les récits suivants de la trilogie.

PS : ah, oui, et sinon… qu’est-ce que c’est que cette couverture ? Sérieusement ? Elle n’a presque aucun rapport ni avec l’intrigue ni avec l’atmosphère du bouquin. C’est une des pires couv’ de romans que j’aie jamais vues !

Re-PS : ah oui, c’est adapté en série télé cette année (The Strain). Je suis persuadé qu’avec un rythme différent, mieux équilibré, ça ferait effectivement une excellente série.

À lire si…

— Vous aimez les histoires qui rationalisent les vieux mythes.

— Vous êtes du genre à chercher le diable dans les détails.

— Vous aimez les cocktails improbables, genre vampire/zombie/épidémie.

À éviter si…

— Vous aimez les intrigues qui vont droit au but.

— Les descriptions techniques et les protocoles détaillés vous agacent.

— Les vampires, c’est romantique et pis c’est tout.

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